Condoray se trouve dans la vallée de Cañete, au sud-ouest du Pérou, à 145 kilomètres de Lima. L’activité économique principale de cette région repose sur l’agriculture ainsi que, dans une bonne mesure, l’élevage, la pêche, l’artisanat et l’industrie minière. Les conditions d’hygiène sont précaires pour 71,6% des logements. La vie des paysannes de la vallée de Cañete est difficile, car elles doivent très tôt prendre leur foyer en charge, élever leurs enfants et s’occuper des anciens. Traditionnellement, seul un nombre réduit de femmes travaille à l’extérieur, de façon occasionnelle, pour récolter le coton, les asperges ou les fruits, contre un salaire très faible. Aujourd’hui, plus de vingt mille paysannes de la vallée de Cañete ont participé à divers programmes de développement rural, à l’initiative de Condoray, et plus de trois mille travaillent dans des entreprises locales ou se sont établies à leur compte, après avoir suivi une formation de courte durée.
On peut dire que l’histoire de Condoray commence d’une certaine manière en 1956 lorsque le Saint-Siège informa Monseigneur Escriva que Pie XII désirait confier à l’Opus Dei une prélature nullius au Pérou. En effet, en 1957 le Saint-Siège créa la prélature de Yauyos-Huarochiri et en nomma prélat Monseigneur Ignace-Marie de Orbegozo, prêtre de l’Opus Dei. En février 1962, la province de Cañete vint s’ajouter aux deux précédentes et Saint-Vincent de Cañete devint le siège de la prélature nullius.
Les débuts de Condoray
Condoray commença ses activités en 1963 avec l’encouragement du fondateur de l’Opus Dei. C’était alors une petite école donnant des cours d’artisanat, de couture et de cuisine. En 1965, des filières techniques officiellement reconnues démarrèrent. Puis les programmes s’accrurent en 1981 et Condoray devint un Centre de qualification professionnelle spéciale, permettant de suivre les études de secrétariat de direction, d’hôtellerie, de confection, d’hygiène et prévention des accidents du travail, ainsi que celles de l’industrie agro-alimentaire. Grâce à la préparation professionnelle assurée par ce centre de formation, à la lumière du sens chrétien de l’existence, beau-coup de femmes de la vallée de Cañete ont pu acquérir de nouvelles connaissances qui leur ont permis de résoudre tant leurs problèmes familiaux que ceux de la communauté. Parmi d’autres réalisations, 86 fermes pilotes ont été créées, qui constituent la principale source alimentaire de centaines de fa-milles. Le projet de jardins familiaux a communiqué un élan à la culture de légumes, ce qui a permis d’enrichir la qualité de l’alimentation. D’autres activités ont été créées : fabrication de chaussures, alphabétisation, programmes d’hygiène et de soins médicaux...
Les promotrices rurales formées à Condoray, qui deviennent à leur tour des formatrices d’autres personnes, sont la clé du succès de toutes ces initiatives. Condoray ne vise pas seulement à résoudre les problèmes posés par la sécheresse, les inondations ou la crise économique. Il s’occupe aussi de préparer les personnes pour qu’elles soient capables d’affronter ces situations avec ingéniosité et créativité. Le changement qui s’est produit est évident. On remarque aujourd’hui dans les villages un désir de progresser, et bien des gens ont cessé d’être passifs. De plus, de nombreuses familles ont découvert la foi chrétienne et le sens profond de l’existence grâce aux personnes qui travaillent à Condoray.
Visite de saint Josémaria Escriva
On remarque aussi à Cañete l’empreinte laissée par l’enseignement et les encouragements prodigués par le bienheureux Josémaria. En août 1974, moins de dix ans après les débuts de cette activité, le fondateur de l’Opus Dei effectua un voyage au Pérou pour y réaliser une grande catéchèse. Il fut accueilli dans la vallée de Cañete. Le 13 août, il y rencontra un grand nombre de paysannes venues de villages voisins et de villages plus éloignés. Une véritable mosa•ques de races se trouvait réunie : des visages anguleux brûlés par le soleil des Andes, blancs, métissés, mulâtres aux cheveux crépus, ou encore aux traits asiatiques. Les premiers mots du bienheureux Josémaria furent : Ç Je viens vous féliciter pour l’énorme travail de promotion humaine que vous faites ici. J’ai bien dit de promotion humaine, par conséquent vous ne faites pas seulement de la formation professionnelle, matérielle : mais aussi de la promotion spirituelle.
La réunion fut une véritable catéchèse traitant de façon directe les fondements de la vie chrétienne. « Ne vous limitez pas uniquement aux choses matérielles... Vous voulez certainement vivre en chrétiens, alors approchez-vous chaque jour plus de Jésus-Christ comme je le désire pour moi-même. Savez-vous comment nous nous en approchons ? En employant les moyens qu’Il a établis pour cela : connaître sa doctrine et recevoir ses sacrements. »
En bon connaisseur de la vie de travail de ces personnes, saint Josémaria les stimula à faire de leurs tâches respectives l’occasion de se sanctifier : « L’Opus Dei, tu connais déjà le sens de ces mots, est operatio dei, travail de Dieu. C’est-à-dire qu’il s’efforce d’aider les gens à se sanctifier dans le monde [...]. Si nous devons nous sanctifier chacun là où nous nous trouvons, chacun dans son métier, nous devons bien réaliser ce travail. Nous ne pouvons pas faire du bricolage. Je ne sais pas si ici on emploie ce mot. Comment dit-on ? » « Rafistolage, Père », lui répondit-on. « Du rafistolage, c’est-à-dire des choses qu’on ne termine pas, où l’on ne met ni l’âme ni le cœur. Nous devons y mettre le cœur, prendre du plaisir à travailler. Tu peux le faire, parce que de cette façon-là tu gagneras aussi plus d’argent et tu élèveras la situation sociale des tiens ; mais tu le feras surtout pour être agréable à Dieu, car le travail est prière, car le travail ennoblit. Il t’aidera à devenir quelqu’un qui possède une plus grande dignité, c’est-à-dire qu’il fera de toi un chrétien chaque jour plus parfait et plus saint. »
Condoray aujourd’hui
La tâche de promotion sociale et chrétienne de Condoray a dépassé les frontières du Pérou. Depuis 1985, des étudiantes du Canada, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Irlande, de France, de Belgique et d’Espagne sont venues travailler dans les villages de Cañete. Cette aide internationale se situe dans le cadre des programmes sociaux qui sont réalisés tout au long de l’année. Les étudiantes qui coopèrent à ces tâches de formation donnent aux paysannes des cours de nutrition, de premiers soins, de couture et de cuisine. Elles ne retournent pas dans leurs pays d’origine les mains vides, car elles ont découvert la grandeur de la joie chrétienne et l’optimisme que la foi donne face à l’adversité. Elles ont aussi compris que les gens de cette vallée possèdent d’authentiques vertus, et que leur richesse est beaucoup plus grande que le simple bien-être matériel. Elles ont vu un christianisme vécu de façon cohérente.
Article publié sur le site de l’Opus Dei : Conserver la foi ne tient qu’à la femme
Voir en ligne : Condoray
Junkabal, un centre de formation professionnelle pour la Femme.
Les Gravileas : une école de formation des femmes à l’artisanat
Condoray : un centre de formation pour la femme
Le Collège ecclesiastique Sedes Sapientiae
« A Kimbondo, Tradition et développement ne s’excluent pas »
Baytree : Construire une cité de l’espérance
Sirama
Soutien scolaire pour enfants en difficulté à Marseille
Criança e Vida
l’Institut de développement rural Valle Grande