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Sirama

Sirama, un projet pour aider la femme salvadorienneSirama est née au Salvador en 1970, à l’initiative de saint Josémaria Escriva, le fondateur de l’Opus Dei, pour fournir à la femme salvadorienne une formation complète, qui lui permette de s’insérer dans le marché du travail, ou de créer une petite entreprise familiale. Depuis lors, le chemin n’a pas été facile : la guerre civile — de 1979 à 1992 — a détérioré le tissu social du pays : l’exode rural a provoqué la croissance des banlieues et les conditions de vie de milliers de Salvadoriens sont devenues plus précaires.

Une aventure qui se reproduit très souvent

Comme beaucoup de Salvadoriennes, Sylvie, 25 ans, était une femme qui vivait dans un grand embarras économique et n’avait reçu qu’une éducation sommaire. Son avenir ne semblait guère favorable, et elle ne savait pas d’où lui viendraient les moyens nécessaires à l’éducation de ses trois enfants. « Sylvie — lui dit le maire de sa commune —, ce que vous devez faire, c’est prendre un bus, qui vous coûtera quelques centimes, et demander Sirama. »

Un peu déconcertée, elle lui fit part de ses questions et le maire lui donna l’adresse du lieu — non sans l’enthousiasmer auparavant — : « J’ai appris qu’à cet endroit, on donne des cours à des femmes, et la majorité d’entre elles parvient à monter son propre commerce et à mettre en marche une petite entreprise. En outre, ces personnes apprennent à mieux s’occuper de leurs enfants et mènent une vie plus tranquille, sont plus contentes. Pourquoi n’essayeriez-vous pas ? »

Sirama est née en 1970, à l’initiative de Saint Josémaria Escriva. Le fondateur de l’Opus Dei, poussé par un amour pour les âmes qui était le fruit de son union à Dieu, a promu dans le monde entier la mise en marche d’initiatives comme celle-ci, qui mettent tout en oeuvre, « efficacement, pour que chacun ait les moyens matériels nécessaires, pour qu’il y ait du travail pour tous, et que personne ne se trouve injustement limité dans sa vie familiale et sociale » (Entretiens avec Monseigneur Escriva, § 95).

une initiative de sirama

On a commencé un cours sur les travaux ménagers domestiques. « On nous enseignait — raconte une élève des débuts — à les faire de manière professionnelle. Nous avons appris à mettre à profit notre temps, et même à réserver un moment libre pour être avec nos enfants, avoir une conversation avec notre époux et consacrer un moment à améliorer notre formation culturelle. » Les débuts

Cependant, depuis 1970, le chemin n’a pas été facile. La guerre civile, qui a duré de 1979 à 1992, a détérioré fortement le tissu social du pays. Ses effets les plus sérieux ont touché les familles aux ressources les plus réduites. Les habitants des zones rurales se sont déplacés vers la capitale, et les zones périphériques se sont accrues, rendant les conditions de vie encore plus précaires.

En 1985, le Programme d’Entreprises ménagères a commencé. Il avait pour objectif de former les femmes dans des tâches de production qui les aident rapidement à développer leurs capacités dans les domaines de la boulangerie, la confection, la cuisine commerciale, la cosmétologie et l’artisanat. De nombreuses élèves ont réussi à ouvrir leur propre micro-entreprise et à trouver, grâce à celle-ci, une issue à leurs besoins familiaux.

Le Programme d’Entreprises ménagères avait à peine commencé que le tremblement de terre de 1986 a ébranlé le Salvador. Et pourtant, l’esprit d’entreprise du Salvadorien a poussé les élèves à recommencer dès que possible leurs études. « Malgré l’absence de transports en commun, les coupures de courant et les affrontements armés, les étudiantes assistaient régulièrement à leurs cours », se souvient Régine de Rodriguez, directrice du Programme. « Je pense que la bonne humeur salvadorienne nous a aidé à supporter les guerres et les tremblements de terre avec joie. Les cours ne se sont pas inter-rompus, et on a remarqué chez les élèves le même enthousiasme et les mêmes désirs d’apprendre et de s’améliorer, d’aider leur famille et de contribuer au développement dans leurs communes ; les élèves vainquaient leurs craintes, même en mettant en danger leur propre sécurité. »

Plus tard, avec l’appui de nombreux Salvadoriens et l’aide de divers pays comme la Belgique, le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, le Japon et l’Italie, Sirama a pu élargir la formation, en y incluant les bases de la comptabilité et de la planification d’entreprises, pour que les femmes puissent avoir un meilleur contrôle de leurs dépenses et recettes. En peu de temps, Sirama était apte à former mille femmes par an.

Les femmes, chefs de famille et responsables communaux

Sirama fait en sorte que les femmes, au terme d’une brève formation, soient capables de mettre en marche leur propre micro-entreprise. Angélique et son époux — aide-maçon — ont neuf enfants. Leur petite agglomération, appelée La Vallée-des- Délices, située à San Martín, ne possède ni électricité ni eau potable, et il semblait qu’il n’y avait pas moyen d’améliorer leur situation. Angélique a suivi un cours de boulangerie à Sirama et, comme beaucoup d’autres, a commencé à faire du pain sur son petit « comal » (plaque en terre pour cuire les galettes de maïs). « Comme nous avons vu que cela nous convenait bien — commente Angélique —, nous nous sommes risqués à utiliser nos économies pour acheter un four industriel à gaz. Grâce à Dieu, cela a bien marché ; nous sommes déjà rentrés dans nos frais. Et ainsi, nous avons pu envoyer nos enfants à l’école, et nous avons acheté les uniformes et les cahiers des petits pour être sûrs qu’ils les auront au début de l’année scolaire. »

Avec tant de femmes chefs de famille, il est très courant de trouver des communes et des associations dirigées par elles. Sirama promeut aussi la responsabilité locale, par le biais de cours, d’une fréquence de deux par semaine, pendant un an, dans le but de les aider à travailler avec le gouvernement, les entre-prises privées. Elle promeut aussi d’autres programmes pour l’amélioration des conditions locales. Au delà des aspects purement économiques

L’esprit chrétien qui anime toute l’activité de Sirama s’est répercuté aussi sur la stabilité des familles, suscitant des relations familiales sereines là où, auparavant, les disputes étaient fréquentes. Beaucoup d’élèves, en découvrant la grâce de Dieu qui passe par le canal des sacrements, ont commencé à les fréquenter, se sont mariées à l’Église ou se sont décidées à faire baptiser leurs enfants. Par leur intermédiaire, leurs maris ont appris à fréquenter Jésus-Christ, et des parents, des voisins et des connaissances se sont convertis. Il est impossible de quantifier l’effet d’un sourire, d’une maisonnette pauvre, mais propre et sympathique ; d’un foyer joyeux, d’une famille unie.

Sirama, à travers son activité ordinaire, veut mettre en pratique la proposition de saint Josémaria : « La vérité nous libère, tandis que l’ignorance nous rend esclaves. Nous devons défendre le droit de tout homme à vivre, à posséder ce dont il a besoin pour mener une existence digne, le droit à travailler et à se reposer, à choisir un état, à fonder un foyer, à mettre des enfants au monde dans le mariage et à pouvoir les élever, à traverser avec sérénité les périodes de maladie et la vieillesse ; à accéder à la culture, à s’associer aux autres citoyens pour par-venir à des fins licites et, au premier chef, le droit à connaître et à aimer Dieu en toute liberté, car la conscience — si elle est droite — découvrira les traces du Créateur en toute chose » (Amis de Dieu, § 171). Apprendre pour enseigner

Une rivière d’eaux noires, qui la traversait, faisait de la Commune de Tinetti un endroit peu attrayant pour la vie de tous les jours. Aminta, responsable locale de 70 ans, résidante du lieu et élève de Sirama, a sollicité de l’État une aide financière qui lui a permis de commencer son propre commerce à Tinetti. « J’ai pensé que je pouvais — d’une manière ou d’une autre — aider mes voisins et moi-même à vivre mieux : je rêvais d’une agglomération agréable, sûre et joyeuse, et surtout, qui ne sente pas aussi mauvais. Après avoir vu que le gouvernement avait accédé à ma demande de subventions pour mettre en marche mon commerce, je me suis décidée à aller, avec d’autres voisins, faire des démarches pour régler la question du passage des eaux noires. Nous avons réussi à faire venir les employés des Travaux Publics, et ils ont bien voulu tarir la source d’eaux noires. » Ils ont construit une voûte de béton, rempli à nouveau le précipice et transformé Tinetti en un lieu de résidence propre et sûr.

En 1987, quand Romy Hernandez termina son cours de confection, elle n’imaginait pas quelle portée il aurait. « À ce moment-là, j’ai pensé à faire appel à une petite entreprise locale, pour qu’elle m’aide en me prêtant trois machines à coudre, car je voulais commencer un petit atelier de mode ; grâce à Dieu, cela a bien marché, et j’ai pensé que, avec ce que je savais, je pouvais l’enseigner à d’autres voisines, et j’eus la surprise de voir qu’elles apprenaient et qu’elles mettaient en place leur petit commerce. »

En 1989, elle mit à la disposition des personnes dans le besoin sa propre « Académie de couture ». Quelque temps après, elle se décida à étudier la cosmétologie et renouvela l’expérience ; maintenant, elle a sa propre école pour les personnes de son quartier.

Texte : Michael Waller et Maria Renee de Waller

Photographies : Dinorah Zepeda et Maria-Teresa Diaz

Supplément Documentación, juillet 1998.

Portfolio

Pour aller plus loin

Voir en ligne : Sirama

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