« Si nous avons dédié ce projet d’assistance à Saint Josémaria, c’est pour rendre un hommage mérité à sa personne et pour manifester les principes selon lesquels nous voulons le réaliser : recommencer à humaniser la médecine ». Docteur Luis Carlos Menéndez, Directeur
Humaniser la médecine Alejandro Delgado Garza

La colline de la Silla, symbole de la ville de Monterrey, au Mexique, encadre le paysage que traverse le petit autobus qui monte trois fois par semaine au quartier Unité Pilote, pour transporter un bon groupe de personnes à l’Unité Médicale Centenario (Centenaire) « Notre premier souci, c’est votre santé et celle de votre famille », proclame le haut-parleur du véhicule.
Cette phrase et d’autres du même genre annoncent le service médical gratuit, y compris les médicaments et le transport aller et retour au dispensaire : « Au début, nous avions un peu peur, dit une patiente, mais nous avons bien vu que les docteurs et les doctoresses sont très bons. Les médicaments qu’ils m’ont donnés m’ont guérie, et je les remercie de penser à notre santé »
Tous les jours, des dizaines de personnes viennent des zones les plus déshéritées de Guadalupe, dans l’Etat du Nuevo León, qui ne possèdent aucun service médical, pour consulter un des spécialistes du Centre.
En suivant « Chemin »
Un enfant. ‑ Un malade ‑ N’éprouvez- vous pas la tentation d’écrire ces mots avec des majuscules ? Pour une âme éprise, les enfants, les malades, c’est Lui.
Ces mots du fondateur de l’Opus Dei, Saint Josémaria Escriva, tirés de Chemin, n. 419, accueillent celui qui se rend à l’Unité Médicale Centenario ; ils sont inscrits sur une plaque qui rappelle le but de ce travail d’assistance, qui se réalise grâce à l’élan donné par son esprit et par son enseignement. Cette plaque, accompagnée d’un buste en haut relief de Saint Josémaria, a été découverte le 19 janvier 2002 par Mgr Rafael Fiol, alors Vicaire régional de la Prélature de l’Opus Dei au Mexique, au cours de la cérémonie d’ouverture de l’Unité Médicale Centenario.
Le dispensaire doit son nom à la commémoration du centenaire de la naissance du fondateur de l’Opus Dei, célébré justement dix jours plus tôt. Rien de plus approprié pour ce centre sanitaire que la phrase de Chemin gravée sur cette plaque, car elle reflète la raison d’être de ce service ‑ les malades ‑ et l’un des principaux objectifs qu’elle vise - les enfants.
Comment tout cela a-t-il commencé ?

Quand elle a été fondée en 1951 par le prêtre Carlos Alvarez, la Cité des Enfants, qui s’étend sur un terrain de 25 hectares, était un orphelinat, mis sur pied avec le soutien de toute la société de Monterrey, et particulièrement d’un groupe de généreux chefs d’entreprise. Vers 1985 ses efforts se sont tournés vers les racines du problème des enfants abandonnés. La nouvelle perspective, celle de la famille et du développement des aptitudes au travail, s’est cristallisée, en 1986, dans la création de deux centres d’enseignement primaire et secondaire, l’un pour garçons et l’autre pour filles, d’un centre d’orientation familiale, d’un institut de formation d’instituteurs, d’ateliers de différents métiers : menuiserie, soudure, informatique, soins de beauté, coupe et confection, etc. De plus, on a profité des installations (de vastes terrains et un stade de deux mille places) pour organiser de nombreuses activités sportives et culturelles.
Tout ceci accompagné d’une profonde formation humaine et spirituelle, qui a été confiée à la Prélature de l’Opus Dei. Plus de 700 familles bénéficient aujourd’hui du travail de formation de la Cité des Enfants. On remarque clairement l’amélioration de leurs conditions de vie, tant sous l’aspect social et spirituel qu’au niveau économique. Bon nombre de personnes ont mis sur pied un petit commerce pour augmenter leurs revenus, grâce au métier appris dans l’Institut. Et beaucoup de couples ont régularisé leur mariage devant l’Eglise, ou ont surmonté leurs problèmes avec l’aide des cours de formation chrétienne et de la collaboration des orienteurs, qui ont été formés sur place. Les élèves de la Cité des Enfants trouvent facilement place dans les écoles d’enseignement supérieur, ce qui leur permet d’espérer élever le niveau matériel de leur famille : plus de vingt élèves ont obtenu une bourse pour entrer dans l’une des meilleures universités du pays.
La pièce qui manquait
Dès le début de la nouvelle étape de la Cité des Enfants beaucoup d’efforts ont été faits pour s’occuper de la santé des petits. On établissait un dossier pour chacun (un millier), et on réalisait des examens médicaux avec une certaine régularité, dans un bureau aménagé à cette fin. L’occasion de disposer d’un meilleur dispensaire se présenta à la fin de 1998, quand un donateur ‑ qui désirait garder l’anonymat ‑ a voulu offrir les moyens économiques nécessaires pour construire et équiper un dispensaire médical gratuit pour personnes défavorisées. Il se mit en contact avec la direction de la Cité des Enfants, et en accord avec eux il décida d’édifier une unité médicale qui comprendrait cinq bureaux de consultation, une salle d’attente, un secrétariat, une pharmacie et une zone de réception.
La formation de l’équipe
Tout en construisant l’Unité médicale, la Cité des Enfants s’est mise à constituer un corps médical de spécialistes disposés à collaborer au projet. Le premier arrivé fut le Dr Felipe Barbosa, médecin généraliste, qui se chargea de coordonner le fonctionnement du dispensaire durant la première étape. Puis s’incorpora le Dr Luis Carlos Menéndez, endocrinologue, à qui on assigna les patients de médecine générale. C’est lui qui dirige maintenant l’Unité médicale. « Nous sentions l’urgence ‑ dit le Dr Menéndez ‑ de chercher d’autres collaborateurs pour nous occuper de façon appropriée de chaque patient ; dans certains cas il suffisait d’un médicament que nous avions dans la pharmacie (équipée à base de dons de collègues et d’échantillons gratuits) ; d’autres fois, nous les orientions vers un examen spécialisé chez l’un ou l’autre des médecins qui nous aidaient généreusement dans leur cabinet particulier ». Au début le projet fut appelé « Clinique médicale populaire », pour montrer que le service était accessible à tous, moyennant un prix symbolique, médicaments inclus ; ensuite le nom est devenu celui d’ « Unité médicale », sur la suggestion du dentiste, le Dr Alfredo Campuzano. Une pédiatre, la Doctoresse Teresa Careaga, le Dr Ernesto Garza, gynécologue, un réceptionniste, une infirmière chargée de la pharmacie et une assistante sociale ont complété l’équipe de l’Unité Médicale Centenario, dont le travail a officiellement commencé le 5 mars 2001.
Un service gratifiant
« Si on m’accordait la réalisation d’un souhait, je demanderais que toutes les villes de mon Mexique bien-aimé, que toutes les villes du monde, soient des Cités des Enfants ». Ainsi s’exprimait Madame Angela Stelzer de Canales, épouse du Gouverneur de l’Etat, lors de l’inauguration des installations de l’Unité Médicale, dans le cadre du 50ème anniversaire de la Cité des Enfants de Monterrey.
« Si nous avons dédié ce projet d’assistance à Saint Josémaria - dit le Dr Menéndez - c’est pour rendre un hommage mérité à sa personne et pour manifester les principes selon lesquels nous voulons le réaliser : recommencer à humaniser la médecine ; traiter chaque patient avec l’attention et la délicatesse avec lesquelles on traite un parent, un ami ; en définitive, voir en chacun - comme disait le fondateur de l’Opus Dei - le Christ lui-même ».
On trouve souvent des témoignages dans ce sens dans les consultations de l’Unité Médicale Centenario. Comme celui de l’employé d’une entreprise de rafraî-chissements qui s’est gravement blessé à la jambe en heurtant une porte de verre, ou celui d’une élève de la Cité des Enfants à qui on a diagnostiqué un début d’épilepsie, à temps pour lui administrer un traitement préventif. Un autre patient arrive maintenant à contrôler de façon satisfaisante une purpura thrombocytopénique (trouble de la coagulation). « Pendant quatre ans - nous raconte Madame Consuelo Jimenez - mon mari et moi nous avons souffert de voir notre fils atteint d’une toux atroce. Le problème arrivait souvent jusqu’aux oreilles et faisait crever le tympan. J’ai beau avoir la sécurité sociale, les médecins ne trouvaient pas la solution. Jusqu’au jour où je suis allé voir la pédiatre de la Cité des Enfants, qui nous a très bien traités, et qui a diagnostiqué une allergie. Elle nous a suggéré un traitement, et non seulement notre fils est presque totalement guéri, mais il a changé du tout au tout : il joue avec tous les autres, il a perdu la timidité causée par la maladie, et il est heureux ».
Un panorama immense
On compte jusqu’à vingt-quatre quartiers de banlieue déshérités où on fait connaître l’Unité Médicale pour y amener plus de patients, au moyen de distribution de « feuilles volantes » et de proclamations par haut-parleur publicitaire. « Nous sommes très heureux de le faire - dit Claudia Rodriguez, assistante sociale - et les gens sont infiniment reconnaissants. Quand je vais les voir chez eux je me rends compte que leurs conditions de vie (pénurie d’eau et d’aliments, sol de terre battue, manque d’hygiène de l’environnement) ne sont vraiment pas propices à la santé. Alors nous essayons aussi de les aider à améliorer leurs habitudes d’hygiène ». L’Unité Médicale Centenario ne tâche pas seulement de rendre la santé, elle réalise aussi une mission préventive. Tous les semestres elle monte, par exemple, des campagnes pour détecter certains types de cancer. « C’est un travail énorme - dit le Dr Menéndez - et nous ne faisons que commencer. Nous voulons que l’Unité Médicale Centenario devienne un jour un hôpital, et un des meilleurs du pays. Rêvez et la réalité dépassera vos rêves, disait Saint Josémaria. Avec son aide, et avec celle des collaborateurs de la Cité des Enfants, nous sommes sûrs que cet idéal dépassera nos rêves d’ici peu ».
Voir en ligne : Cité des Enfants. Monterrey